Cet homme a une œuvre ; cette œuvre est cet homme. Car Laurent Quillet est indissociable de sa production. Ce n'est pas qu'il soit narcissique, non. Mais il ne parle que de ce qu'il vit. Son travail est en réalité une réflexion sur le simple fait d'être vivant, d'avoir une présence au monde, perçue ou non par soi et/ou les autres.
Le plus souvent, nous passons notre temps à être là, quelque part, dans un présent qui, forcément, ne cesse d'être du passé. Nous sommes, sans nécessairement avoir conscience d'avoir la chance ou malchance d'être là.
Laurent Quillet se et nous pose la question de notre existence. Il met les visiteurs dans la situation du fameux passage de « La nausée » de Sartre où le personnage de Roquentin découvre qu'il existe en regardant une racine.
à la maternité de Condé-sur-l'Escaut (FR),
à grandit à Flines-lez-Mortagne (FR),
vit et travaille à Tournai (BE).
À la date du 29 juillet 2026 :
mesure 1,74m et pèse 74kg
Groupe sanguin O+
laurent.quillet0@gmail.com
OYOU – Centre Culturel de Marchin
Parcours d'artistes – Citadelle de Namur
(Société de théoriciens et d'artistes freelance fédérés)
(Co-fondateur de l'association)
Cette association franco-belge étant portée sur la coopération transfrontalière, une attention particulière sera portée sur la promotion des étudiants et jeunes artistes issus des écoles d'art situées dans la région Hauts-de-France, en Wallonie, à Bruxelles, en Flandre, avec un accent mis plus particulièrement sur l'Eurométropole (Lille – Kortrijk – Tournai). 2016-18
Agence de production et de promotion d'artistes indépendants.
Nous agissions en terme de booking et programmation artistique, production événementielle et scénographique, production vidéo, graphisme, communication. 2016-18
L’image apparaît lentement, comme une naissance fragile, suspendue dans l’instant. Elle se forme, puis s’éteint, effacée par le temps. Ce va-et-vient entre présence et absence nous rappelle l’éphémère de la vie, la beauté de ce qui se manifeste avant de disparaître, un présent intangible. L’image qui surgit, bien que fugace, devient une mémoire, un souvenir, un instant qui nous échappe.
La disparition n’est pas une fin, mais une potentielle renaissance.
Ainsi, à travers cette œuvre, nous méditons sur l’impermanence, sur la manière dont chaque moment naît pour se dissiper.
entre Soleil et Terre 2013 vidéo 08min19sec (extrait 4min13sec)
0,0014% : Représentation graphique de la part occupée par Homo sapiens sapiens dans la chronologie de l’univers depuis le Big Bang
Réalisée au fusain sur neuf feuilles assemblées, cette œuvre met en tension l’immensité du temps cosmique et la brièveté de notre présence. La surface noire, dense et fragile du fusain, incarne l’étendue des 13,8 milliards d’années depuis l’origine de l’univers. En son centre, presque imperceptible à l’échelle de la composition, un point de 9 mm à la feuille d’or brille : il représente les 0,0014 % de cette chronologie correspondant à l’existence de Homo sapiens.
Le contraste entre l’or, matière précieuse et lumineuse, et le fusain, matière friable et éphémère, souligne la tension entre la vanité humaine et l’insignifiance de notre passage. L’œuvre invite à prendre conscience de l’infime place que nous occupons dans l’histoire de l’univers, tout en interrogeant la valeur symbolique et spirituelle que nous lui conférons.
En référence au cinéma ayant pour sujet un épisode de l’Antiquité ou des aventures se passant durant cette époque, mais aussi au mot qui se rapporte également au manteau porté par les femmes grecques, les empereurs et les grands personnages, l’œuvre vidéo PEPLUM est une métaphore de ce qui habille la vie de l’artiste. Répartie en différents chapitres, la vidéo comporte la poésie propre aux éléments du quotidien.
Les images sont synchronisées avec de célèbres compositions de musique classique signées Felix Mendelssohn, Antonio Vivaldi, Wolfgang Amadeus Mozart, Johann Sebastian Bach, Erik Satie.
L’artiste cherche à démontrer que l’art n’est pas séparé de la vie, que tout peut être considéré comme art. Laconique, Laurent Quillet résume sa création vidéo par ces mots :
Je montre le Monde au monde.
Pour ce travail, le plasticien démontre l’impossibilité de se rendre maître des grandeurs temporelles. Progressant de un à dix, il présente le temps qu’il met à inscrire sur une feuille de papier les secondes. Si le spectateur s’imagine qu’il est parvenu à écrire « 4 secondes » en quatre secondes tout comme il a écrit « 6 secondes » en six secondes, cela n’est qu’une impression...
Laurent Quillet utilise également le crayon pour figurer, non sans une pointe d’humour, le décalage qu’il existe entre l’impression de grandeur par l’homme et sa petitesse effective au sein du cosmos. Le sujet central de ce dessin représente la terre et la lune séparées par un centimètre de largeur.
La distance lunaire paraissant infime correspond en réalité à 384.402 kilomètres, mesure difficilement représentative, équivalente à 1,3 seconde-lumière de la terre.
Face à Face présente 25 vidéos de 50 secondes, où des individus fixent l’objectif en silence. Lors d’une exposition, ces vidéos sont projetées sur deux écrans placés face-à-face à hauteur d’homme, dans un couloir étroit. De cette manière les regards se croisent, créant une tension silencieuse, comme si les vidéos se regardaient réellement.
Cette mise en scène met le spectateur face à une relation intime et suspendue, où l’on ressent presque l’impression de déranger ces regards figés. L’œuvre interroge le non-dit et la puissance du regard, créant un échange invisible et introspectif.
Depuis la surface de la Lune, un vide remplit de matière domine l’espace, n’offrant qu’une vision lointaine de la Terre. Au milieu de cette immensité, une bulle, comme un constat, énonce : « Je suis né ici ». Ce titre éponyme, inscrit dans cette composition minimaliste, confronte l’observateur à l’écrasante disproportion : notre origine, un point infime, face à l’infini du cosmos. L’œuvre repose sur ce contraste : le vide omniprésent et l’affirmation de notre existence. C’est une invitation à mesurer la tension entre notre insignifiance cosmique et le fait, pourtant, de pouvoir y déclarer notre origine.
Se présentant comme un travail de décomposition mathématique, Composition se veut être le miroir de l’organisme vital de plusieurs ouvrages de référence du plasticien.
Ses sources d’inspiration deviennent dès lors un puzzle impossible à remonter. La connaissance scientifique concrète se transforme en contenu abstrait.
L’iconoclaste a néanmoins pris soin d’organiser, de classifier et de hiérarchiser l’intégralité de l’ossature des livres.
Présentés d’une manière chronologique, Henri Bergson, Albert Einstein, Daniel Tammet, Laurent Derobert ou encore Étienne Klein nous en apprennent davantage sur leur manière de manier l’art de l’écriture par ses lettres, ses symboles et sa ponctuation.
Avec Détachement, projet de vie débuté en 2015, l'artiste s'attarde sur le geste banal du baiser symbolisant la séparation, un moment fort, chargé d'émotion. Protagoniste de la vidéo, il donne à voir le moment où il quitte les membres de sa famille. La volonté de garder en mémoire l'acte de l'au-revoir à ses proches développe un nouveau regard à ces moments si semblables dans le quotidien mais pourtant uniques. L'aspect universel de cet acte tutoie son caractère singulier et personnel.
Dans l'espoir que l'« au revoir » ne soit pas un « à jamais », le détachement se transforme alors en rapprochement.
En mai 2020, pendant le confinement, je suis sorti quelques minutes à Tournai. En passant au-dessus de l’Escaut, j’ai vu un poisson mort, puis un deuxième, puis beaucoup d’autres.
Au même moment, des messages étaient diffusés dans les rues pour nous expliquer comment nous protéger les uns les autres.
J’ai filmé avec mon téléphone et publié la vidéo avec cette phrase :
« L’Humain transforme l’Escaut en cimetière, et nous explique comment sauver des vies. »
La vidéo a été vue, partagée, commentée. Elle a aussi inspiré une case de bande dessinée, liée à un article revenant sur la pollution de l’Escaut et la mort massive des poissons.
Une photographie puisée de la série intitulée Bouquet final donne à voir une composition de fleurs au fond d’un gouffre, celui d’un vide-ordures de cimetière. Ce “feu d’artifice” floral est déjà passé de la composition décorative et ornementale à celui de détritus. Le souvenir entre la mémoire et l’oubli.
Main d’œuvre met en scène des travailleurs municipaux, capturés dans leur quotidien : des scènes de chantier, de collecte des déchets, de manutention. Le montage, construit à partir d’une composition piano de Grégoire Gerstmans, cherche une synchronisation entre la musique et les images.
À partir de fragments de ‘cailloux’ de Léonard Grosfilley, l’artiste crée des mondes invisibles, suspendus dans l’immensité. Les sphères tournent sans fin dans un ciel étoilé, sans bruit, sans repères temporels. Ce mouvement infini interroge notre place dans l’univers, et l’absurdité même de notre existence. Planètes Mère nous plonge dans un silence cosmique où chaque fragment urbain se transforme en planète en rotation.
Sans son, l’œuvre nous invite à une contemplation muette de l’infini, à la fois proche et lointain. Chaque planète, née d’un fragment de mur, semble exister quelque part, ailleurs, dans un cosmos où tout est possible. Et dans cet espace sans fin, tout ce qui est, même l’invisible, a sa place.
Affichant au compte-gouttes les différents temps de l’expression ‘être présent’, l’auteur de cette vidéo « installe le spectateur dans le temps d’un présent qui toujours fuit ». Par un jeu de passages du noir au blanc, cette visualisation de l’effet de damier nous plonge dans le concept de vie et de mort.
La présence physique semble une nouvelle fois nous échapper. Placée au sein d’une salle à manger qui porte à la mémoire le souvenir de ses anciens occupants aujourd’hui disparus, Je suis présent évoque davantage l’absence que la présence.
Cette œuvre audio nous emmène au sein de l’intimité même du quotidien du plasticien. Tel un collectionneur, il conserve méticuleusement ses messages vocaux, servant dès lors de mémoire immuable de ses activités. Plus particulièrement, il a développé un projet dont la trame narrative porte sur ses activités artistiques.
Pourtant, la forme du passé étant omniprésente, un malaise se crée progressivement à l’écoute des invitations, injections et interrogations formulées par ses interlocuteurs auxquels le concerné ne paraît pas donner suite. Abonné absent nous place dès lors entre la certitude que le message sera entendu et l’attitude de la lettre morte.
Une ligne du temps symbolique présente l’artiste et les membres de sa famille selon un ordre de dates de naissance croissant. À peine le compte à rebours lancé disparaissent, aux âges correspondants, son neveu, bientôt ses sœurs et lui, puis ses parents, pour que ne subsistent que ses grands-parents. Cette quatrième et dernière génération finit pourtant elle aussi par s’effacer.
Basé sur un détournement du memento mori (« souviens toi que tu es mort »), la raison de cette vidéo est de présenter l’héritage générationnel et de rendre hommage aux anciens, source de transmission et de connaissance.
Avant le tournage, chaque participant a porté un poids de 1,5 kg pendant quelques instants, afin de prendre conscience de sa présence dans le corps. Par la suite, un objet de 0,5 kg leur a été confié avec une consigne : le porter jusqu’à ce qu’il semble atteindre le poids de 1,5 kg.
Cette performance explore la manière dont le temps et la perception transforment une charge légère en un fardeau plus lourd. Elle peut alors symboliser ces non-dits, ces petites choses laissées en silence, qui, accumulées, peuvent devenir des montagnes écrasantes.
Laurent Quillet se joue du caractère imaginatif de l’être humain. Avec cette vidéo, il se saisit de l’intimité des figures pour rendre compte de la fraction entre le savoir et l’illusion du savoir. Les acteurs, anonymes, ont reçu pour mission de compter jusqu’à dix, après quoi ils disparaissent du champ visuel. La dimension temporelle est indubitablement perçue de manière individuelle et aléatoire.
Paradoxalement, le temps, notion universelle, demeure indomptable par l’espèce qui l’a pourtant fondée.
Laurent Quillet se joue du caractère imaginatif de l’être humain. Avec cette vidéo, il se saisit de l’intimité des figurants pour rendre compte de la fraction entre le savoir et l’illusion du savoir. Les acteurs, anonymes, ont reçu pour mission de compter jusqu’à dix, après quoi ils disparaissent du champ visuel. La dimension temporelle est indubitablement perçue de manière individuelle et aléatoire.
Paradoxalement, le temps, notion universelle, demeure indomptable par l’espèce qui l’a pourtant fondée.
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La photographie de sa série Faites comme si je n’étais pas là donne à voir l’expression d’un ressentiment, celui de l’absence, d’une impression d’inexistence par le biais visuel d’une transparence de soi.
Se dévoilant de manière presque épiphanique, son corps est immatériel, fantomatique. Il oscille entre présence et absence, apparition et disparition.
Une sélection de photographies issues de la série Faites comme si je n’étais pas là a été publiée dans La nostalgie de l’aile, récit autobiographique de Pascal Goffaux paru aux éditions Esperluète. Les images apparaissent en fin d’ouvrage et sont accompagnées de fragments de textes écrits par l’artiste.
Dans ce livre, Pascal Goffaux interroge sa présence au monde à travers une écriture marquée par l’absence, la mémoire et la difficulté d’habiter son propre corps. La série photographique vient prolonger ce récit par une présence discrète, presque effacée, en dialogue avec ces questions.
Pour les personnes souhaitant découvrir l’ouvrage dans son intégralité, La nostalgie de l’aile est disponible auprès des éditions Esperluète.
D’UNE VIE BANALE
Avec Conversation d’une vie banale, Laurent Quillet enregistre et, grâce aux sous-titres respectant à l’apostrophe près le langage parlé, révèle les discussions dites ‘futiles’ pouvant se produire lors d’un rendez-vous familial, d’amis, de connaissances,...
Les titres secondaires de cette série sont représentatifs de l’attachement que l’artiste voue à ce qui est de l’ordre du commun, de ce qui serait considéré par d’autres comme étant insignifiant.
La vidéo révèle le temps et le trajet mis par la lumière solaire pour atteindre la terre. Avec une vitesse moyenne de 300.000 kilomètres par seconde, cette lumière nécessite 499 secondes pour réaliser ce trajet, distance que l’artiste a souhaité parfaitement retracer par un écran de 499 centimètres.
En exposition, chacun suit donc un faisceau lumineux qui avance selon la formule : 1 seconde = 1 centimètre = 1 seconde-lumière. En donnant à voir l’imperceptible, Laurent Quillet conclut l’exposition par une recherche liée à l’intrusion ‘InTime’ de la lumière du soleil.
Avec Détachement, projet de vie débuté en 2015, l'artiste s'attarde sur le geste banal du baiser symbolisant la séparation, un moment fort, chargé d'émotion. Protagoniste de la vidéo, il donne à voir le moment où il quitte les membres de sa famille. La volonté de garder en mémoire l'acte de l'au-revoir à ses proches développe un nouveau regard à ces moments si semblables dans le quotidien mais pourtant uniques. L'aspect universel de cet acte tutoie son caractère singulier et personnel.
Dans l'espoir que l'« au revoir » ne soit pas un « à jamais », le détachement se transforme alors en rapprochement.
IMPACT est le résultat d’un atelier de six séances orchestré par Hugo Fontaine, poète invité à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai. À partir du troisième atelier, Laurent Quillet est intervenu en relecture et en accompagnement, auprès des étudiants, autour des possibilités de mise en page : déplacer un texte, ouvrir des blancs, retirer une ponctuation, laisser une respiration apparaître dans la page.
Une fois les ateliers terminés, le recueil a été composé à deux voix avec Hugo Fontaine, jusqu’au travail InDesign, au choix du papier et à l’impression aux Presses Universitaires de Mons. Publié en juin 2025 au format A6 et tiré à 80 exemplaires, IMPACT rassemble les textes de six étudiants : Eliot Baland, Malo Van Belle, Mura Degraeve, Roman Liefooghe, Manuela Petrini et Jonathan Senelart.
Les textes ont ensuite été lus publiquement à la Galerie du Lapin Perdu à Tournai, au festival poésie.watt à Wattrelos, ainsi que lors de l’exposition de fin d’année de l’Académie des Beaux-Arts de Tournai. Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large menée avec les étudiant·es de l’Académie, également visible dans Toquades et PAR CONTRE.
Projet réalisé dans le cadre du FIPA, avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de l’Académie des Beaux-Arts de Tournai.
WORDS est un morceau du projet musical intime et créatif “L’autobus Impérial”, né sous l’impulsion de l’artiste Sara Conti, qui en est également l’interprète.
Ce projet a vu le jour entre 2021 et 2022, et se distingue par un clip réalisé à partir des dessins scannés ou photographiés de l’artiste, tissant un lien profond entre son univers visuel et la musique qu’elle interprète.
Le montage, ainsi que les plans vidéo, ont été soigneusement réalisés par Laurent Quillet, ajoutant une dimension supplémentaire à cette œuvre artistique.
Écailles est une vidéo réalisée à partir d’images tournées le 16 mai 2023, lors d’un après-midi passé auprès de Céline Cétout et d’Éric Jacques, alias René Des Flammes.
À l’origine, il ne s’agissait pas de réaliser un montage vidéo à proprement parler. La caméra accompagnait simplement un moment partagé, entre répétitions, discussions, expérimentations et instants du quotidien. Les images ont été enregistrées sans scénario, avec l’envie de conserver une trace de cette rencontre.
C’est au moment du montage que quelque chose est apparu. Les plans se sont mis à dialoguer entre eux, révélant des correspondances, des rythmes et des présences que je n’avais pas perçus sur le moment. Peu à peu, la captation documentaire a laissé place à une forme plus libre, située entre le portrait et le film expérimental.
Écailles est le résultat de cette découverte progressive : un regard porté sur un moment partagé, devenu avec le temps une œuvre autonome.
Découpe est une création de l’artiste Laurent Quillet (MUS-E Belgium asbl) réalisée avec l’ensemble des élèves de Madame Najla et Madame Youssra au sein de l’institut La Plume, à Molenbeek-Saint-Jean (BXL).
La volonté de cette œuvre est de gommer les différences de chacun. Dans celle-ci, tous les élèves font la même taille et se déplacent dans un même rythme, un même chemin.
PS : Cette vidéo a été floutée à la demande des parents et de l’école afin de pouvoir vous la partager, ce qui lui fait malheureusement perdre un fragment de son sens, à mon grand regret.
Guide OFF est un projet initié et coordonné par MUS-E Belgium en collaboration avec Erfgoed Zuidwest de Courtrai, le Musée de Folklore et des Imaginaires de Tournai et la Médiathéque des Encres de Saint-Amand-Les-Eaux. Il a été soutenu par le programme Interreg et le FEDER.
Durant plusieurs semaines, des jeunes de Tournai, Courtrai et Saint-Amand-les-Eaux ont cherché à créer un chemin alternatif de leurs villes. En collaboration avec les artistes Maud Lefever et Laurent Quillet, ils ont su développer des itinéraires singuliers basés sur leur regard et sensibilité.
Dans chacune de ces villes, le guide vous invite à vivre une balade performative dans le but de solliciter vos sens et votre imaginaire.
Cette vidéo-texte est née de quatre ateliers d'écriture menés par Hugo Fontaine, poète, secondé du plasticien Laurent Quillet et huit étudiantes de l'ESA Académie des Beaux-Arts de Tournai.
Au travers des mots : des essais, des histoires, des émotions, des fragments de vie.
Cette création a vu le jour dans le cadre de l'aide de l'aide à la création, de la FWB.
Ce travail s’inscrit dans un ensemble plus large de projets menés avec les étudiant·es de l’ESA Académie des Beaux-Arts de Tournai. En parallèle de Toquades, les publications collectives IMPACT et PAR CONTRE ont également vu le jour, prolongeant cette exploration de l’écriture comme espace d’expérimentation, de réflexion et de création en dialogue avec les pratiques artistiques des participant·es.
PS : Le titre de cette œuvre, Toquades, fait référence à des impulsions soudaines et irrésistible évoquant l'idée d'être emporté par des élans créatifs ou émotionnels, parfois sans raison apparente, ce qui correspond à la nature spontanée et imprévisible de cette vidéo-texte.
Au départ, cette œuvre n'était pas destinée à exister. Elle est née au cours d'une série d'ateliers menés auprès d'adolescents en difficulté, dans le cadre d'un projet artistique autour de la question « On fait la paix ? ». Très vite, le dessin, la peinture ou l'écriture m'ont semblé insuffisants pour accueillir ce que certains avaient peut-être besoin d'exprimer.
J'ai alors installé un enregistreur dans une pièce voisine. Avant chaque séance, je le mettais en marche, puis je rejoignais le groupe. Chacun était libre d'y entrer quelques instants, seul, sans contrainte, sans question, sans regard. Je ne demandais rien. Je n'attendais rien. J'offrais simplement un espace où la parole pouvait exister.
Plusieurs adolescents ont choisi de franchir cette porte.
À ma surprise, presque tous se sont mis à parler à voix basse. Personne ne leur avait demandé de le faire. Pourtant, chacun semblait éprouver le besoin de chuchoter, comme si les murs eux-mêmes pouvaient entendre. Cette retenue est devenue la matière même de l'œuvre. Le chuchotement n'est pas seulement une manière de parler : il révèle l'hésitation, la peur d'être entendu, le besoin de dire malgré tout.
Le montage présenté ici réunit trois de ces confidences. Elles ont été choisies parmi plusieurs prises de parole, non pour raconter une histoire particulière, mais parce qu'elles font résonner des expériences qui dépassent les personnes qui les ont vécues. Les voix demeurent anonymes. Elles ne cherchent ni à témoigner publiquement ni à convaincre. Elles existent simplement, dans toute leur fragilité.
L'œuvre ne documente pas un atelier. Elle donne une forme à un moment rare : celui où une parole, longtemps retenue, trouve enfin un endroit où se déposer.
(pour rien ?)
« S’emballer » est une performance réalisée par Laurent Quillet lors d’ateliers dans des écoles en Wallonie et à Bruxelles.
L’objectif ? Souvent, nous ne réalisons pas pleinement nos capacités ni la liberté de mouvement dont nous disposons. En expérimentant la contrainte, en nous sentant bloqués ou frustrés, nous pouvons mieux apprécier la liberté lorsqu'elle revient. C'est en ressentant l'opposé de notre état normal que celui-ci devient extraordinairement précieux.
Le film alimentaire utilisé dans cette performance symbolise cette dualité : une matière qui peut à la fois enfermer et libérer.
ATTENTION : Il est important de préciser qu'aucun jeune n'a été forcé à emballer ni à être emballé.
PAR CONTRE est une publication collective rassemblant les textes et les images réalisés par dix-neuf étudiant·e·s des options Arts Numériques, Dessin, Design Textile, Illustration et Peinture de l’ESA Académie des Beaux-Arts de Tournai.
Né dans le cadre du projet FIPA ESA 2025, l’ouvrage est l’aboutissement d’une année d’ateliers d’écriture menés par le poète Hugo Fontaine, accompagnés par Laurent Quillet pour la conception graphique, la mise en page et le travail éditorial. Au fil des mois, les participant·e·s ont été invités à explorer l’écriture comme un espace d’expérimentation, de réflexion et de création, en dialogue avec leurs pratiques artistiques respectives.
Poèmes, récits, fragments, photographies et textes hybrides composent cette publication où se croisent des voix, des sensibilités et des regards singuliers. Certains textes sont nés d’expériences intimes, d’autres d’observations du quotidien ou de recherches plastiques. Tous témoignent d’une volonté commune de ralentir le langage, d’habiter les mots avec davantage d’attention et de redonner du poids à ce qui est dit.
Cette première expérience éditoriale collective s’est prolongée par plusieurs lectures publiques et a bénéficié de l’accompagnement photographique de Nathalie Amand, Nicolas Clément et Isabelle de Tournay. Elle a été réalisée avec le soutien d’Élodie Moreau, d’Emeline Hochepied, d’Olivier Reman, directeur de l’ESA Académie des Beaux-Arts de Tournai, ainsi que de l’ensemble des personnes ayant contribué à faire exister ce projet.
D’autres projets menés avec les étudiant·e·s de l’ESA Académie des Beaux-Arts de Tournai sont également visibles sur ce site : Toquades et IMPACT.
En 2020, la Fédération Wallonie-Bruxelles lança un appel à projets intitulé « un futur pour la culture » et entre autres, à répondre à « un critère essentiel : la transversalité ».
Le conseil supérieur de la Culture a proposé que la transversalité soit définie comme la rencontre d’une œuvre avec la population et les acteurs d'un territoire.
L’autre caractère du projet était de lier un artiste à un acteur culturel local afin de réaliser une création publique. La volonté source de Jacky Legge, responsable du MuFIm, Musée de Folklore et des Imaginaires, le projet serait développé grâce à Laurent Quillet, artiste plasticien installé à Tournai.
De cette relation est né Temps suspendus, une œuvre composée de sons captés, des images fixes et animées de la ville mis en forme matérielle artistique au sein du MuFIm.
Le territoire physique visé est la ville de Tournai afin de s'inscrire dans une démarche cartographique. Le tout n’est pas d'aboutir à des démonstrations mais à des ambiances caractéristiques de la ville de Tournai afin de mieux cerner la personnalité de la cité, figer un temps fugace et universel. C'est une manière d'aborder l'immatériel dans un musée constitué essentiellement d'objets et documents.
Jacky Legge
Jeux d’enfants
Le projet artistique Traces aux Tours est un projet participatif bilingue dans le quartier de Peterbos. En collaboration avec les écoles et les associations de quartier, des processus participatifs artistiques ont été lancés avec différents publics de Peterbos. Les trajectoires ont trouvé leur inspiration dans le riche héritage de Bruegel. Le projet s'inscrit dans le cadre du Contrat de Quartier Durable Peterbos de la commune d'Anderlecht et de la Région bruxelloise.
Tout a commencé par le jeu ! L'artiste Laurent Quillet a invité les enfants de 4e année de Notre Dame à se plonger dans l'amusement, capturant leurs mouvements en photos et vidéos. Ces images ont ensuite été agrandies et transformées en grands formats. Lors de séances plus calmes, les enfants ont coloré les espaces vides, en suivant une méthode proche de la « peinture au numéro ». Bruegel nous a ainsi inspirés pour évoquer des scènes de notre quotidien.
Pour en savoir plus :
MUS-E Belgium asbl
Avant le tournage, chaque participant a porté un poids de 1,5 kg pendant quelques instants, afin de prendre conscience de sa présence dans le corps. Par la suite, un objet de 0,5 kg leur a été confié avec une consigne : le porter jusqu’à ce qu’il semble atteindre le poids de 1,5 kg.
Cette performance explore la manière dont le temps et la perception transforment une charge légère en un fardeau plus lourd. Elle peut alors symboliser ces non-dits, ces petites choses laissées en silence, qui, accumulées, peuvent devenir des montagnes écrasantes.
L’Autobus Impérial
The Speaking House est un morceau du projet musical intime et créatif L'autobus Impérial, né sous l’impulsion de l’artiste Sara Conti, qui en est également l’interprète. Ce projet a vu le jour entre 2021 et 2022, et se distingue par un clip réalisé à partir des dessins scannés ou numériques de l’artiste, tissant un lien profond entre son univers visuel et la musique qu’elle interprète.
Le montage, ainsi que les plans vidéo, ont été soigneusement réalisés par Laurent Quillet, ajoutant une dimension à cette œuvre artistique.
Laurent Quillet se joue du caractère imaginatif de l’être humain. Avec cette vidéo, il se saisit de l’intimité des figurants pour rendre compte de la fraction entre le savoir et l’illusion du savoir. Les acteurs, anonymes, ont reçu pour mission de compter jusqu’à dix, après quoi ils disparaissent du champ visuel. La dimension temporelle est indubitablement perçue de manière individuelle et aléatoire.
Paradoxalement, le temps, notion universelle, demeure indomptable par l’espèce qui l’a pourtant fondée.
« Recoller les morceaux » est une initiative que j’ai menée à plusieurs reprises dans des écoles primaires en Wallonie et à Bruxelles, au travers d’ateliers MUS-E Belgium. L’objectif de ce projet est d’engager les participants dans une réflexion sur les ruptures et les processus de reconstruction relationnelle.
La première phase de l’atelier consiste à demander aux élèves de réaliser un dessin représentant ceux qui leur sont les plus chers, que ce soit leur famille, leurs amis, ou leurs animaux. Cette première étape accomplie, les participants sont invités à déchirer leur dessin en plusieurs morceaux, un acte qui peut s’avérer émotionnellement difficile. Ceux qui éprouvent des difficultés peuvent choisir de ne pas participer à cette étape.
Les morceaux ainsi déchirés sont ensuite rassemblés par Laurent Quillet, qui les jette en feu d’artifice dans les airs, pour qu’ils atterrissent sans maîtrise, aléatoirement au sol. La phase suivante consiste à tenter de reconstruire des corps, des compositions humaines, voire de reconstituer les dessins originaux, tout en prenant conscience que cette reconstitution ne pourra jamais restituer les œuvres dans leur forme initiale.
Le projet vise à donner conscience aux participants que la rupture, qu’elle soit personnelle ou relationnelle, ne signifie pas nécessairement une fin irréversible. Un conflit, une dispute ou une séparation n’est pas un point de non-retour ; il existe parfois une possibilité de rétablir le lien. Cependant, cette réparation ne pourra jamais restituer exactement l’état initial de la relation : elle laissera toujours des traces, sous forme de cicatrices, de pansements ou de réparations visibles, qui témoignent du fait qu’un événement a eu lieu.
« La nouvelle vie au Bois-de-Lens » est un projet MUS-E Belgium asbl mené par les artistes Boris Magotteaux et Laurent Quillet, en collaboration avec les habitants du domaine, le service Habitat Permanent et le centre culturel d’Hastière.
Ce projet est soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles. La gazette a pour objectif de faire connaître ce qu'il se passe au domaine en donnant la parole à ses résidents. La gazette est un endroit où partager les initiatives, les expériences et des tranches de vie.
Par quel procédé ?
Au sein du domaine, Boris et Laurent partent à la recherche de celles et ceux qui souhaiteraient faire part de leur histoire, de leur création, de leur vie au Bois-de-Lens. Lorsqu'un.e résident.e répond à la demande, ils partent à sa rencontre, discutent, questionnent, contemplent, enregistrent le tout sous forme d'interview, à l'aide d'un micro, puis retranscrivent le moment vécu dans un article accompagné de photos.
Ce projet est né en 2021 de la collaboration entre la Fondation pour l’Assistance Morale Aux Détenus (FAMD) et MUS-E Belgium asbl.
Pendant cette pandémie COVID-19, le confinement en milieu carcéral s'est révélé être bien plus virulent et inhumain qu’en société. Au sein de la prison de Marche-en-Famenne, des témoignages de détenus sur leur vécu durant ces interminables enfermements ont été enregistrés.
Despina Psymarnou & Laurent Quillet
« Bureau d’architecture intime : On n’habite pas un lieu, on habite un corps » a été présenté lors du festival « Découvrez-vous 2025 ». Les participants pouvaient choisir une carte associée à un organe ou simplement partager un souvenir. Lauriane Belin recueillait leurs paroles, qu’elle transcrivait. Le texte était ensuite transformé en une composition typographique, épousant la silhouette de l’organe évoqué. Enfin, Manuela Petrini transférait cette forme sur une plaque de bois. Chaque plaque était placée dans une colonne dédiée à l’organe, bâtissant ainsi une architecture collective de récits intimes.
entretien : Fanny Lacrosse